Panorama de la blogosphère tchadienne

Répandre l'amour

Très souvent, je me suis promis de dresser l’historique du blogging au Tchad. A chaque fois, je me suis ravisé , remettant toujours en cause ma légitimité à le faire. Franchement, qui suis-je en face des précurseurs, comme Lyadish, Amine Idriss, Enoch Djondang, Bétoubam Mbaïnaye, ou encore le plus connu d’entre eux Makaila Nguebla ? Résolu, mais sans prétention aucune, d’être le Justin Hall1 tchadien, j’ai décidé de vous raconter l’histoire du blogging au Tchad, du moins partager avec vous ce que j’en sais. Histoire.

Image générée par Bing Image Creator avec la requête « blogging au Tchad »

Internet et moi

Le 14 février 2004, je faisais ma première rencontre avec l’ordinateur et à la fois internet. Une vraie histoire d’amour. C’était au cybercafé « CIS » qui jouxtait le Ministère des Affaires Étrangères, pour ceux qui connaissent N’Djamena. Le jeune élève de Terminale du Lycée Félix Éboué que j’étais, s’est émerveillé face à la boîte de messagerie de Yahoo !. La prise en main à la fois de l’ordinateur et de la plateforme s’est très rapidement faîte, suscitant l’admiration de mon oncle Ali, qui était  à l’occasion mon moniteur.

De fil en aiguille, je suis passé maître en quelques jours et ralliait déjà quelques amis du lycée à ma nouvelle passion. Nous avons commencé à écumer le siège de la Banque Mondiale, qui ouvrait les portes de son centre informatique aux étudiants, le cybercafé de la poste et le cyber « N’Djam Multimédia » … Nous faisions des recherches sur tout et rien, mais nous restions toujours sur notre faim quant aux contenus tchadiens, tellement ils étaient d’une grande rareté.

Très rapidement, l’idée de remédier à ce manquement m’a taraudé l’esprit et je voulais alors avoir ma page à moi, d’où ma découverte de skyblog et la création de mon premier compte sur cette plateforme. Le coût d’accès à internet et la lenteur de la connexion ne m’ont pas encouragé à aller au bout de mon objectif à ce moment-là.

De quoi parle-t-on exactement ?

Avant de se transformer en un moyen de communication majeur et un outil d’expression pour les entreprises, les blogs étaient souvent perçus comme de simples « journaux intimes en ligne ». Ils étaient principalement associés aux adolescents. Toutefois, à partir de la fin des années 2000, les blogs ont gagné en crédibilité et ont commencé à être reconnus comme des plateformes légitimes.

Le premier billet de blog a été publié en janvier 1994 par le journaliste américain Justin Hall. Sur son blog toujours en ligne, il y parle de sa rencontre avec Internet. Le 20 octobre 1997, Bruce & Susan Abelson lancent Open Diary, « le premier site web réunissant des rédacteurs de journaux intimes au sein d’une grande communauté », comme ils le décrivent eux-mêmes.

En février 1995, John Barger crée « Robot Wisdom« , son premier site web où il partage des réflexions sur l’intelligence artificielle, la culture internet, le design hypertexte et les tendances technologiques. Le 17 décembre 1997, il commence à publier quotidiennement une liste de liens qu’il qualifie de « journal quotidien de ses recherches et lectures ». Pour décrire cette collection de liens pertinents, il crée le terme Weblog », plus tard raccourci en « blog » par Peter Merholz en 1999. Cette innovation marque les débuts du blogging tel que nous le connaissons aujourd’hui.

 Pour vous la faire courte, je définirais un blog comme étant une plateforme en ligne où des individus ou des groupes partagent régulièrement du contenu sous forme d’articles, couvrant divers sujets et organisés chronologiquement. Cela permet d’informer, de divertir et interagir avec les lecteurs. 

C’est de ça qu’il s’agit 😊.

Les blogueurs, artisans de l’expression numérique

C’est quoi un blogueur ? Cette question me revient très souvent de la part des personnes de mon entourage qui portent leur curiosité sur les qualités d’un blogueur. Pour vous la faire comme dans une masterclass (MDR 😊) : « Les blogueurs sont des individus qui gèrent et publient régulièrement du contenu sur un blog (professionnel ou non). Ils créent des articles, des billets ou des entrées sur des sujets variés, partageant leurs opinions, connaissances, expériences ou informations avec leur public en ligne. Les blogueurs peuvent provenir de divers horizons, tels que la mode, la technologie, le voyage, la cuisine, l’éducation, etc. Ils peuvent être des amateurs passionnés, des experts dans leur domaine ou même des professionnels du secteur. Leur objectif peut être d’informer, de divertir, d’inspirer ou de créer une communauté autour de leurs intérêts et de leur expertise. Les blogueurs interagissent souvent avec leurs lecteurs via les commentaires, les réseaux sociaux et d’autres canaux pour favoriser l’échange et le dialogue. 

Comme ça, c’est fait 😊

Ialtchad.com : l’épopée des précurseurs

Avant de parler de cette plateforme numérique avant-gardiste, permettez-moi de vous faire une petite ligne d’histoire de l’internet au Tchad. D’après la Société Tchadienne des Télécommunications (SOTEL Tchad), internet a vu le jour au Tchad le 20 octobre 1997 avec un nombre d’utilisateurs qui s’élevait à 2 317 abonnés. « Je suis particulièrement heureux de lancer ce jour 20 octobre 1997 le Tchad sur les autoroutes de l’information », Idriss Déby. C’est ce qu’on pouvait lire sur le site web, en construction à l’époque de la présidence de la république. Sans blague ! La présidence de la république du Tchad, avait déjà un site web.

« Je suis particulièrement heureux de lancer ce jour 20 octobre 1997 le Tchad sur les autoroutes de l’information »

Idriss Déby Itno, 20 octobre 1997

Un midi, vers fin 2004, alors que je venais d’obtenir mon bac, je tombe à tout hasard sur la dernière de couverture d’un journal qui faisait la promotion du site web de ialtchad.com. Je m’étais empressé de bien noter l’adresse, tout impatient de ma prochaine séance. Ce qui se réalisa quelques jours plus tard. J’étais émerveillé face à cette mine de données qui traitaient de la culture, du sport, de l’éducation… On pouvait y télécharger quelques titres des artistes tchadiens et même chatter !

Ialtchad se démarquait déjà par la qualité de son contenu et surtout sa diversité. Personnellement, je lisais beaucoup les chroniques, les débats du Forum et les blagues de la rubrique Sahibi. A vrai dire, c’est cette rubrique qui a forgé les premiers blogueurs tchadiens, même si ces derniers écrivaient déjà des « Courriers » dans les colonnes des journaux comme Jeune Afrique. Ces années d’écriture leur ont permis de raffermir leur plume, et la qualité était toujours au rendez-vous dans les réflexions qu’ils nous servaient, nous autres lecteurs. J’étais vraiment à ma place sur ialtchad, qui pour moi était largement en avance sur son temps, dans le contexte tchadien.

Capture du site web d’Ialtchad realisée le 22 juillet 2002 avec WaybackMachine

Créé en janvier 1999 par Hamid Yayami et Bello Bakary Manna, Ialtchad ambitionnait d’offrir un espace d’expression à la jeunesse tchadienne. Le but ultime était de susciter des débats d’idées éclairées sur les maux dont souffre le pays. Ce qui était une réussite, car les billets venaient d’un peu partout à travers le monde, mais majoritairement des pays du Nord du fait de l’accessibilité plus fluide à internet. Parmi les grands contributeurs, on peut citer : Ahmed Lyadish, Djamal Abdel’Aziz Haggar, Ali Senoussi Haggar, Mini-Mini Médard, Hassan Bolobo Maidé, Max Loalngar, Kaar Kaas Sonn, Amine Idriss, Makaila Nguebla, Biaka Tedang Djoret … et bien d’autres. Pour moi, ce sont eux les pionniers du blogging au Tchad.

Capture du site web d’Ialtchad realisée le 16 décembre 2008 avec WaybackMachine

Focus sur Amine Idriss, l’un des « dinosaures » des blogueurs tchadiens

“ A l’époque déjà mes connaissances techniques me permettaient de me balader avec plus ou moins de succès sur pas mal de sites qui n’étaient pas forcément accessibles partout en Afrique. Pour les autres tchadiens, je crois qu’à l’époque beaucoup s’étaient essayé à la création de sites internets mais le site le mieux organisé était ialtchad.com. Les autres sites étaient plutôt rudimentaires, un peu confus, sans charte graphique, ni brand clair…”

Amine Idriss

Amine Idriss, alias Amibiaka, est l’un des rares pionniers du blogging au Tchad à être en activité. Il a vu passer de nombreuses plateformes d’expression en ligne, et il est d’ailleurs un féru des médias sociaux. Il a commencé à bloguer dès 2003 à N’Djamena d’abord, sur des sites un peu partout puis avec Ialtchad.com et ensuite avec son propre blog http://amibiaka.over-blog.fr. Sa passion pour le blogging vient du fait qu’il aime beaucoup écrire pour partager ce qu’il estime savoir. Mais il aime aussi écrire pour dénoncer, expliquer et proposer d’autres façons de voir, de faire les choses.

Si pour Amine Idriss, ialtchad.com est le précurseur du blogging et du journalisme en ligne, c’est auprès de Thoughts Economics (de Vikas Shah) qu’il a commencé par puiser ses inspirations du fait de son talent et de la subtilité de sa plume. Il a toujours été un geek dans l’âme et savait déjà faire du html et coder dans l’environnement .Net. “ A l’époque déjà mes connaissances techniques me permettaient de me balader avec plus ou moins de succès sur pas mal de sites qui n’étaient pas forcément accessibles partout en Afrique. Pour les autres tchadiens, je crois qu’à l’époque beaucoup s’étaient essayé à la création de sites internets mais le site le mieux organisé était ialtchad.com. Les autres sites étaient plutôt rudimentaires, un peu confus, sans charte graphique, ni brand clair…” me répond-t-il pour décrire l’écosystème à ce temps.

 Makaïla Nguebla, la star des blogueurs tchadiens

Au fil du temps, ialtchad s’est mué en un véritable média avec une ligne éditoriale à respecter, ce qui commençait à restreindre la marge de manœuvre des contributeurs. La démocratisation des outils de création de blog aidant, la plupart d’entre eux ont lancé leur propre plateforme, devenant blogueur à part entière. Entre 2000 et 2003, de nombreux blogs comme Ambenatna, TribuneActu, Tchadien.com, etc.

Alors étudiant en Tunisie, Makaïla envoie souvent des textes qui sont publiés dans la rubrique “les courriers des lecteurs” du magazine Jeune Afrique lui attirant ainsi des ennuis politiques et une expulsion vers Dakar au Sénégal en 2005. Installé au Sénégal, il devient de plus en plus virulent dans ses écrits et finit par lancer son blog en 2007, ce qui l’épanouis dans son activisme. Ses déclarations à la radio, mal vu par le régime de Macky Sall, lui valent une nouvelle expulsion vers la Guinée en 2013. Réfugié en France, Makaïla continue de nourrir son blog et les réseaux sociaux, résistant aux obstacles personnels pour informer et défendre la liberté d’expression. Depuis décembre 2021, il est rentré au Tchad, à la suite de la main tendue du président de transition, Mahamat Idriss Déby Itno. Son blog est toujours en ligne (https://makaila.over-blog.com/ ou http://makaila.fr) est rarement alimenté.

La génération des blogueurs « Makaïla » est perçue comme la plus irrévérencieuse, car très critique envers le pouvoir en place. C’est également la génération qui a fait entrer à proprement dit le blogging au Tchad et les politico-militaires s’en sont rapidement saisi comme caisse de résonance. Ce qui a valu une longue censure sur une bonne partie des blogs au Tchad. Des médias comme Tchadinfos.com en avaient également payé le prix.

Mondoblog : la maturité

Personnellement, ma passion pour internet est du fait de mon désir d’information. Je voulais toujours avoir la primeur, être détenteur des informations très peu connues du public. Je suis un accroc des moteurs de recherche.

En 2005, je débarque en Centrafrique pour mes études universitaires. Le coût d’accès à internet était plus accessible à Bangui (500 XAF par heure), contrairement à N’Djamena (3 000 XAF par heure). J’étais tout le temps au cyber-café et mes compétences en informatique se sont boostées en moins d’un mois. En 2006, je lance mon premier blog sur ifrance.com. Je publiais uniquement des poèmes. A la radio, je suivais des émissions comme « L’atelier des médias » de Radio France Internationale, et c’est de là que j’entends parler de Mondoblog et de son premier concours en 2010. Nous étions une vingtaine de lauréats, venant du monde francophone, mais principalement d’Afrique. Le prix nous donnait droit à une semaine de formation sur la gestion technique des blogs, les techniques d’écriture, la gestion des réseaux sociaux, mais surtout de belles rencontres humaines !

Sur la première année du concours, j’étais l’unique tchadien à être arrivée à bout, car il faut dire que la difficulté d’accès n’aidait pas les compatriotes de l’intérieur à accéder à ces types d’opportunités. Vous aurez constaté que tous les blogueurs que j’avais cité ci-haut écrivaient de l’extérieur. La seconde année, Mondoblog a vu la présence d’un autre tchadien parmi les lauréats, en la personne d’Abdallah Azibert. Puis Rendodjo Em’A sur celle d’après et Brya Elisabeth par la suite. Désormais, nous sommes une bonne communauté de mondoblogueurs au Tchad. Malheureusement, il était difficile pour nous de nous affirmer comme étant blogueur. Cette appellation était comme une sorte de tabou. Pour les chiens de garde du régime de l’époque, blogueurs, activistes, rebelles et terroristes voulaient dire la même chose.

WenakLabs, l’usine à gaz de la nouvelle génération de blogueurs tchadiens

Fin 2013, à la suite de mon retour définitif de Centrafrique, j’envisageais de lancer le tout premier barcamp du Tchad avec des blogueurs comme Arif Abdoulaye, le journaliste Sabre Naideyam et les mondoblogueuses Rendodjo et Brya. Abdallah était à Tunis, mais nous suivions à distance et nous avons créé un groupe de discussion sur Messenger pour faciliter les échanges. En février 2014, je faisais la rencontre d’Abdelsalam, avec lequel j’étais déjà ami sur Facebook, et ses élèves dont Ali, Korom, Klamadji, Adoum, et tant d’autres… Le jour de notre rencontre, on discute pendant quatre heures …et toutes les idées convergent : conclusion, il fallait que nous travaillions ensemble. 

Le 30 Avril 2014, nous faisons le lancement officiel de WenakLabs à l’Institut Français du Tchad, deux semaines par la suite, nous avons organisé un atelier d’initiation au blogging à l’intention des journalistes. Au courant du mois de novembre de la même année, nous avons organisés le tout premier barcamp du pays, qui englobait un blogcamp, mettant à l’honneur la première cuvée des premiers mondoblogueurs made in WenakLabs, qui ont d’ailleurs eu le privilège d’être interviewé par Ziad Maalouf de l’Atelier des Médias de RFI, donnant un beau retentissement à l’événement.

S’en sont suivi plusieurs séances de formations en tout genre destinées à renforcer l’écosystème du blogging au Tchad. Un énorme travail de plaidoyer a également été mené auprès des autorités mais également de l’opinion en vue de changer le regard malveillant qu’ils portaient sur le blogging. En soutien, nous avons pu compter sur des acteurs comme Mamadou Djimtebaye de Tchadinfos.com, le blogueur Chérif Adoudou et l’ensemble des médias du pays. Depuis lors,  à travers le #Blogcamp235, que WenakLabs organise chaque année, nous avons fait des émules qui sont en train de faire des émules à leur tour

Association des blogueurs du Tchad : receveur du témoin 

Né il y a un peu plus d’un an, dans les locaux de WenakLabs, l’ABT (Association des blogeurs du Tchad) est majoritairement composés des lauréats des différentes éditions du #Blogcamp235. 

Comme WenakLabs à ses débuts, l’association a poursuivi comme objectif, la fédération des acteurs du blogging, la promotion du pays via la création de contenus de qualités, et de promotion de l’usage responsable du numérique. Comme dans une course relais, l’ABT tente de s’appuyer sur les acquis et le soutien de WenakLabs pour renforcer la qualité du blogging au Tchad. C’est un passage de témoin qui ne se fait pas sans ambiguïté, car l’association rencontre les difficultés qu’ont les adolescents devenus majeurs à sortir du giron de leurs parents. Ce sont des périodes où il faut généralement user et abuser de tacts au risque de voir l’initiative s’étouffer dans l’œuf. 

Avec le recul que m’offre tout ce temps d’implication au sein de l’écosystème du numérique au Tchad, je peux dire que le blogging a très rapidement fait son entrée dans le pays, malheureusement sa démocratisation a été malmenée à cause de sa mauvaise appréhension par les autorités. On peut également constater au bout du compte, que les femmes ont été sous représentées au sein de la blogosphère tchadienne, et cela à tous les temps forts. Les rares blogueuses connues, ont toujours excellé par la qualité de leur plume autant subtile que tranchante. Parmi elles, je peux citer, Rendodjo Moundonan, Sandrine Naguertiga, Briya Elisabeth, Josiane Darwatoye, etc. L’ABT devrait se donner également pour mission la vulgarisation du blogging auprès des femmes, quant on sait que ce sont des observatrices averties de notre société et qu’elles ont une certaine facilité à raconter leur quotidien. Il est bien évident qu’il faut impérativement passer par les femmes pour prôner efficacement un nouveau narratif sur le Tchad.

Aujourd’hui, avec le renforcement de l’écosystème et la prolifération des plateformes sociales, je peux dire que le blogging tchadien va enfin vers l’essor de sa félicité. Oui, nous pouvons le dire en faisant du bruit (Make noise) 😊

  1. Justin Hall (né le 16 décembre 1974 à Chicago, Illinois) est un journaliste et entrepreneur américain, surtout connu comme blogueur pionnier.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Justin_Hall ↩︎

Commentaires

4 réponses à “Panorama de la blogosphère tchadienne”

  1. Avatar de Innocent Ndouba Benane
    Innocent Ndouba Benane

    Tres riche et très intéressant billet…
    La passion est comme le fil conducteur qui relie l’énergie intarissable qui est en nous aux actions aux ingénieuses idées que nous mettons en œuvre.

    Félicitations pour cette riche contribution

  2. Avatar de MAHAMAT NOUR
    MAHAMAT NOUR

    Cet article offre un aperçu fascinant de l’évolution du blogging au Tchad, mettant en lumière les débuts techniques, les défis politiques, et les initiatives qui ont façonné la blogosphère tchadienne.

  3. Avatar de Succès Djimtebaye
    Succès Djimtebaye

    C’est un article riche et instructif. Merci 🙏

  4. C’est un billet très intéressant pour nous la nouvelle génération de bloggeurs qui nous permet de savoir l’évolution et les pionniers du blogging…
    Merci

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